J’ai rencontré André Wormser pour la première fois, il y a presque un quart de siècle. C’était en 1984. Je venais de lire son article dans un numéro spécial de la revue "Les Temps Modernes" consacré à l’immigration maghrébine, dans lequel l’article d’André Wormser m’avait frappé par la finesse de son analyse.
Je lui ai écrit. Nous nous sommes rencontrés. Une amitié sincère est née entre ce grand banquier au carnet d’adresse impressionnant, ancien président du CRIF, et un jeune étudiant kabyle, auvergnat d’adoption.
André Wormser est un grand Monsieur. Cultivé, raffiné, tolérant avec cette marque des vrais grands qui est l’humilité. Il lit beaucoup et aime écrire. Il publié des articles dans de nombreuses revues. Nous reproduisons ici un texte d’André Wormser fait pour le bulletin d’AJIR en 2002.
La guerre d’Algérie et les Harkis l’ont marqué à jamais. Il a tout fait pour rapatrier ses Harkis, en installant certains dans des propriétés familiales.
Dès 1963, avec Nicolas d’Andoque et quelques autres jeunes officiers il crée une association d’entraide pour les Harkis. Il va voir le Président du Conseil d’Etat, Alexandre Parodi et réussit à le convaincre de présider le Comité National pour les Musulmans Français.
Le CNMF existe encore, présidé aujourd’hui par André Wormser. On ne dira jamais assez le temps et l’argent personnel dépensés par André pour aider les Harkis.
Son père a été Directeur de Cabinet de Monsieur Georges Clémenceau. Et lorsque parfois je m’étonne de son si grand engagement pour les Harkis, André, Président du Musée Clémenceau, répond simplement en empruntant cette phrase au Tigre :
"Ils ont des droits sur nous !"
Mohand Hamoumou